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Conseil tribal Mamuitun

Territoire et autodétermination


Rencontre du 16 avril 2020 - CAAS - 7 participant.e.s

Les participant.e.s ont été invité.e.s à explorer le sujet sous plusieurs dimensions :
Dimension conceptuelle : qu’est-ce que le territoire?
Dimension contextuelle : où le situer?
Dimension théorique : que sait-on et qu’aimerions-nous savoir?
Dimension émotive : ce qui vient nous chercher quand on en parle, nos souvenirs, notre quotidien, nos rêves par rapport au territoire.

Cette fiche de discussion rassemble les propos tenus par les participant.e.s. Vous êtes invité.e à la parcourir comme si vous écoutiez une conversation! 🙂

Que représente le territoire en contexte d’autodétermination?

Référence au livre « Kukum » de Michel Jean

Une famille ne peut plus remonter la rivière Péribonka. Un draveur allochtone dit à la famille « Notre compagnie a acheté votre territoire » - « Mais c’est chez nous! »

« C’est un passage que j’ai trouvé marquant. Qu’est-ce qu’on fait maintenant? Le territoire, c’est ça qu’on connaissait, et ils nous l’ont enlevé. »

Faire valoir nos droits en se réappropriant le territoire

Référence | Un nouveau type de droit de la nature : L’exemple de la rivière sacrée Whanganui en Nouvelle-Zélande

« Ko au te awa, ko te awa ko au », proverbe māori signifiant « Je suis la rivière et la rivière est moi »

« En 2017, la Nouvelle-Zélande a adopté une loi très particulière, fruit d’une longue négociation entre plusieurs instances politiques et légales, autochtones comme non-autochtones. Cette nouvelle loi, nommée Te Awa Tupua – qui renvoie à l’ « ensemble indivisible et vivant, englobant tous les éléments physiques et métaphysiques de la rivière » –, reconnaît la rivière sacrée Whanganui, longue de 300 km, comme une personne morale dotée de droits juridiquement défendables.

Par la reconnaissance de cette nouvelle entité juridique, le gouvernement a innové en matière de protection de l’environnement, tout en accordant une reconnaissance aux communautés māori. D’une part, la rivière est désormais complètement protégée, autant par la loi que par les locaux. D’autre part, cette reconnaissance fait partie des mesures de réparation du gouvernement néo-zélandais envers les Māori pour les torts subis pendant la colonisation, en leur redonnant un contrôle sur des terres volées au cours des deux derniers siècles.

Cette nouvelle loi permet donc de faire le pont entre des préoccupations sociales et environnementales de premier plan. En reconnaissant la cosmologie māori, en utilisant leurs concepts pour décrire la nature dans la loi visant à la protéger, les législateurs ont fait d’une pierre deux coups : ils protègent autant la nature que les riverains. Reconnaître les relations particulières des Māori avec la nature, c’est aussi valoriser leur culture et leur identité. L’exemple de la Nouvelle-Zélande démontre comment l’on peut balancer adéquatement intérêts économiques, sociaux et environnementaux. » (SOURCE : William Corbin, Un nouveau type de droit de la nature : L’exemple de la rivière sacrée Whanganui en Nouvelle-Zélande, L'interdisciplinaire, Numéro 17, automne 2019, Institut EDS)

Instaurer un dialogue positif entre Autochtones et non-Autochtones

Référence | Territoire wet'suwet'en : pourquoi la crise a-t-elle été si complexe à régler?

Après Oka en 1990, Caledonia en 2006 et le territorial traditionnel wet'suwet'en en 2020... Comment expliquer que les questions territoriales autochtones soient si compliquées à démêler?

Visionner le reportage vidéo

Se donner les bons outils

Référence | Exemple des normes environnementales sur les réserves

« Très concrètement, par exemple, la construction d’un nouveau quartier dans un village est très réglementé, notamment sur le plan environnemental. Il y a des normes, des procédures à suivre. En communauté, on est régis au niveau fédéral. On n'est pas obligés de suivre les règlements du Québec, qui sont pourtant poussés et favorables à de bonnes pratiques. Mais si je développe en communauté, c’est à mon bon vouloir d’appliquer ces bonnes pratiques, puisqu’il n’y a pas forcément de cadre. Les entreprises viennent et disent facilement : on va aller au moins cher, on va le faire de même, on a pas besoin de tel ou tel permis etc. Là, ça va vraiment à l’encontre de la protection de l’environnement que nous on souhaite porter comme valeur. On peut voir des ingénieurs qui décident d’installer une évacuation d’eau directement dans une rivière, sans réelle norme environnementale. C’est donc parfois contradictoire. Ça découle de la loi sur les Indiens. Il faut donc se doter d’outils, de standards, de normes : comment on gère notre territoire ici, chez nous? Ça va aussi loin que de décider des procédure pour l’implantation d’un nouveau quartier, de l’évacuation et du traitement des eaux. »

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